. . . "Sauve-moi, Maman." .Salut !. . .

. . . "Sauve-moi, Maman." .Salut !. . .
"Papa et Maman s'aimaient, à en mourir. Oui. Ils s'aimaient à en crever. Et aujourd'hui, ils sont morts, tous les deux. L'un enfermé dans son cercueil, et l'autre barricadé par sa souffrance. Et moi. Moi, Loubna Lopez, résidus de leur amour déchu, je lutte difficilement pour survivre. Je me bats pour refouler les larmes qui agressent mes paupières, je me démène pour alléger mon minuscule c½ur de la surdose de douleur qu'on lui administre... Mais il brûle quand même. Il n'est plus qu'un ramassis de cendres."


© Eva N.

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Pour ceux qui désirent être prévenus, il vous suffira de laisser un commentaire sur cet article.


I-Ceremonia

Nachtfalter

Fiction-a-j

Par--amOour

Un-cOrazon-perdido
(Mon héroïne)

EscapexOfxDream

# Posté le jeudi 24 septembre 2009 08:30

Modifié le dimanche 04 octobre 2009 06:25

. . . « Pars pas, je t'aime. A la folie. » . . Prologue . . .

. . . « Pars pas, je t'aime. A la folie. » . . Prologue . . .


19 Novembre 2007


Banlieue Madrilène. Moi et mes parents vivions dans une petite ville située près de la capitale espagnole. Petite, mais suffisamment grande pour conserver un total anonymat. Nous étions heureux, du moins en surface. J'étais choyée et adulée par Maman, peut-être trop. Papa, quant à lui était plus réservé, moins démonstratif, mais savait à sa manière me prouver que je représentais le monde à ses yeux.

En cette fraîche soirée de Novembre, la nuit s'était déjà abattue depuis un long moment sur la ville. Le vent soufflait si fort que les arbres déployaient librement leurs branches frêles. La pluie aspergeait crûment la ville et tapotait bruyamment contre ma vitre. J'avais peur. Pourtant, j'étais une enfant de nature téméraire qui s'amusait facilement des situations catastrophiques. Les orages, les tempêtes, les tremblements de Terre et même les cyclones (à la télé bien sûr) m'excitaient plus qu'ils ne me terrifiaient. Mais ce soir, tout était différent. Ce soir, je sentais que quelque chose de terrible allait se produire. Quelque chose qui allait littéralement falsifier mon quotidien et qui allait faire de moi quelqu'un d'autre. Je fermai les yeux en me bouchant les oreilles. Mon imagination était un peu grotesque et je devais sans cesse la freiner pour éviter de m'égarer. Je finis par m'endormir, bercée par le son mélodieux du vent, mêlé au déluge que provoquaient les litres d'eau qui s'abattaient sur nous.


- Loubna ! Loubna réveille toi ! Cria une voix tremblante qui m'était familière. Une voix que j'affectionnais particulièrement : Celle de Maman.

J'ouvris les yeux, déroutée. Les larmes couraient sur les joues d'ordinaire rosies de Maman. Je fronçai les sourcils puis balayai d'un geste vif la couverture qui m'emprisonnait et qui m'aidait à m'armer contre le froid hivernal. L'atmosphère qui régnait dans cette maison était glaciale. Lugubre. Maman pleurait, papa hurlait, et la tempête se déchaînait. Comme par habitude, je me réfugiai dans les jambes de maman, en quête de sécurité et de quiétude. Elle me souleva alors pour me lotir au creux de ses bras, légèrement chancelants. J'avais peur, mais aucune question, ni même un fragment de mot de daigna sortir de ma bouche, alors je fermai les yeux et je me contentai de respirer l'odeur que délivrait Maman. Son parfum, je l'aimais. J'aurais pu le reconnaître à des kilomètres. Dès qu'il venait titiller mes narines, un sentiment indescriptible se logeait en moi et dessinait un sourire sur mon visage enfantin. Mais ce soir, je n'avais pas envie de sourire. J'avais envie de pleurer.


- Il n'est pas question que t'emmènes Loubna ! Hurla Papa en me retirant sauvagement des bras de Maman.

J'explosai en sanglot. Je me défendis à l'aide du peu de force dont je bénéficiais. Je me jetai inconsciemment dans les bras de Maman, non pour blesser papa, simplement parce que c'était l'endroit où je me sentais le mieux. Dans n'importe quelle circonstance. M'arracher à elle, c'était comme soustraire une partie vitale de mon être. J'avais six ans et j'étais encore dépendante des bras et des mots de Maman. Mots qu'elle seule avait le pouvoir de murmurer au creux de mes oreilles.


- C'est ma fille Rafael ! Lança Maman alors que les battements de son c½ur me faisaient valser.
- Autant que la mienne, alors tu vas la poser dans son lit et tu te barres si tu veux !
- Il n'en est pas question ! Je te laisserais pas avec Loubna, pas ce soir ! Ajouta-t-elle avant de recouvrir mes épaules d'une veste en laine.


Arrête papa ! Arrête de donner des larmes aux yeux de maman. Arrête de vouloir m'arracher à elle. Mais arrête !

Mais il n'arrêta pas et continua de lui lancer ce regard agressif et meurtrier. Pourtant, Maman méritait simplement d'être enlacée de tendresse et affublée de douceur. Chose que Papa ne lui offrait pas, ou plus.

Oh Maman, ne pleure pas, s'il te plaît, ne pleure pas. Si tu veux, oui, si tu veux, on partira toutes les deux et on peindra à l'aide de notre c½ur ce monde terne. On l'enjolivera de couleurs et de gaieté. Tu veux maman ?

Elle prit la directions de la porte, en s'emparant au passage d'une lourde valise qu'elle avait dû préparer durant mon paisible sommeil, dans lequel j'aurais souhaité plus que tout retourner.

- Silvia ! Silvia revient ! Silvia...

Mais sa voix n'était plus qu'un échos et sa silhouette une furtive ombre. Maman me déposa avec précaution sur mon rehausseur et prit le temps de m'attacher correctement avant de m'embrasser sur le front en m'adressant un sourire reflétant une panique incontrôlable, qu'elle essayait de masquer.


C'est raté !

Elle s'installa ensuite à la place du conducteur en me répétant que ça irait, qu'elle m'aimait et que je n'avais rien à craindre.

- Je suis là Maman... T'es pas toute seule. Murmurai-je alors qu'elle tournait d'un coup de main agile la clef destinée à éveiller le moteur de la voiture. Je t'aime.
- Je sais Loubi, je sais que tu es là mon ange.


Si tu sais maman, alors pourquoi tu pleures ? Pourquoi tu trembles ? Pourquoi, maman ?

- Nous allons chez mamie. Ça va aller ma puce. Souffla-t-elle en réglant le rétroviseur de sorte à croiser mon regard.
- Et papa ?
- Ce n'est qu'une dispute Loubi, un peu plus grosse que les autres, mais ça va s'arranger, j'espère... Ajouta-t-elle dans un murmure.

Ma bouche se crispa, mes yeux s'embuèrent. Je voulais retenir mes larmes, mais je n'y arrivais pas. C'était trop difficile. Alors je pleurai. Je déployai mon chagrin en enfouissant ma tête entre mes mains. Maman se retourna et se hissa péniblement sur ses pieds pour empoigner l'une de mes mains. Sa manière à elle de me manifester son affection. Je lui dévoilai ensuite mes petits yeux qu'elle prit le temps d'examiner avec attention. C'était dans la profondeur de mes pupilles que se cachaient toutes mes émotions, tous mes sentiments. Et là, ils n'exprimaient qu'une panique démesurée, mêlée à une profonde tristesse. Elle soupira, longuement, en prenant garde d'essuyer toutes les larmes qui encombraient mon visage meurtri.


- C'est vert Maman ! M'exclamai-je, une lueur de fierté dans la voix, brisant le silence qui régnait le véhicule.

Elle reprit place face au volant. Le feu était donc passé au vert. Elle accéléra. Soudain, une voiture roulant à une allure fulgurante dans une rue en annexe fonça sur la portière gauche de notre véhicule. La portière qui protégeait le conducteur, en d'autres termes : Maman. Et là, ce fus le chaos. Un bruit sourd agressa mes tympans. Un choc brutal extirpa un cri strident de ma gorge. Une odeur de fumée se dégagea du capos. Je mis un temps à comprendre ce qu'il se passait. Alors, les tripes broyées par la peur, je me détachai difficilement et j'escaladai sur le siège voisin à celui de Maman.


Non !

- Maman ! Maman... Maman, réveille-toi. Maman ! Mais Maman ! Sanglotai-je.

Son visage était intacte, ses yeux clos, mais la portière était carrément encastrer dans son corps, où une flaque de sang s'élargissait un peu plus à chaque seconde qui s'écoulait. J'hurlais. Je pleurais. Je vociférais. J'espérais ainsi me tirer du cauchemar dans lequel j'étais coincée. Mais non. Je ne rêvais pas. Je caressai le visage de Maman, en tremblant, en continuant de l'appeler. Mais elle ne répondait pas.


Répond maman... Mais répond !

Oh mon c½ur battait si fort, si vite. Il m'infligeait une douleur insupportable. Je ne voulais pas croire ce que je voyais. Je ne voulais pas penser que Maman ait pu m'abandonner pour rejoindre les Anges. Ce n'était pas possible, elle m'aimait bien trop fort !

Dis moi que c'est pas possible Maman !

Mais je compris par la suite que c'était la réalité. Un homme vêtu d'une blouse blanche m'annonça en lésinant sur les mots que ma Maman avait rejoint le paradis. Qu'elle s'était envolée au moment du choc. Qu'elle n'avait pas souffert. Qu'elle n'avait pas eu mal. Qu'elle n'avait pas compris. Il me conduisit ensuite dans une salle où une Dame qu'il qualifiait de psychologue me prit en charge, mais je ne parlai pas. Je ne savais plus parler. Je ne réagis pas. J'étais dépouillée, de tout ! J'étais vide, las, perdue. J'avais compris ce que j'aurais préféré ne jamais comprendre. Et, je crois que j'avais mal. Trop mal. Seulement, je ne savais pas décrire ce que je ressentais. Je ne pouvais pas expliquer par des mots ce que la vision macabre de ma mère pénétrée par cette voiture suscitait dans mon c½ur. Mais une chose était sûre : Ce soir, une plaie inguérissable s'était ouverte. Pour l'instant, ce n'était qu'une égratignure, mais au file des jours, elle s'élargirait, s'intensifierait, saignerait, s'infecterait. Cette plaie me poursuivrait éternellement et une vie entière ne suffirait pas à l'apaiser. Elle me détruirait.

« Adieu Maman »


© Eva N.


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Voici le prologue !!
Il n'était pas inclus dans l'histoire donc je viens de l'écrire assez rapidement... Mais étrangement, je suis assez satisfaite du résultat. Bon, c'est pas non plus ce que j'appelerais "Bien écrit" mais c'est passable ! ^_^
En espérant que ça vous plaise.

# Posté le vendredi 25 septembre 2009 01:26

Modifié le vendredi 02 octobre 2009 16:26

. . . Chapitre 1 : "Souffre, mais pas trop fort s'il te plaît, petite princesse. Souffre, mais en silence." . Point de vu : Rafael. . .

. . . Chapitre 1 : "Souffre, mais pas trop fort s'il te plaît, petite princesse. Souffre, mais en silence." . Point de vu : Rafael. . .

9 Décembre 2008.

Un an. Un an que mon chagrin me submerge. Que je subie une métamorphose littérale de ma personne. J'étais un homme bien, respectable, honorable. Je n'étais pas un mari parfait, mais la perfection existe-t-elle réellement ? Chacun sa perception, chacun sa définition. Ne cherchez pas une explication rationnel à ce terme bordé de relativité, vous économiserez une sommes majestueuse de temps. Moi, bien que bombé de défauts, j'étais un époux aimant. J'ai fait des erreurs. J'ai commis des actes irréversibles. Et, chaque jour que Dieu fait, je m'en mords les doigts, jusqu'à pénétrer dans un degrés profond de ma chair. Je suis bouffé par mes remords. Dévoré par les regrets. Le souvenir de ce jour austère qui a foudroyé ma vie me consume un peu plus chaque jour et m'ôte mon identité. Je ne suis plus personne. Je ne suis plus rien. Le temps s'écoule, il glisse entre mes doigts, effleure mes ongles, en laissant derrière lui un goût amer. Le temps fuit, il ruisselle dans cette rivière transparente, se claque par moment contre les rochers épineux et continue sa course jusqu'à apercevoir le fond. La fin. Cette fin me délivrera, mais je n'ai nullement le droit de la précipiter. Je ne suis plus qu'un déchet de l'homme que j'étais, c'est vrai, mais j'ai un enfant. Une fille. Le cadeau empoisonné que m'a laissé Silvia avant de m'abandonner. Un cadeau que je n'ai jamais essayé d'apprivoiser. Pourtant je l'aime.Elle représente à elle seule l'amour mutuelle qu'on s'est voués, Silvia et moi. Ce bonheur qui nous a fait vibrer. Cette attirance qui nous a transformé.



Elle est nous.


Loubna. Une petite fille pénétrant tout juste dans l'âge de raison –comme on dit-, mais qui l'a acquit sans difficulté depuis quelques années à présent. Un visage d'ange, au regard noir et à la chevelure brune et épaisse. Un visage sculpté avec le plus haute précision, la plus belle main d'artiste. Un nez aquilain, superposé à une bouche pulpeuse aux lèvres rouges perçantes, d'une forme identique à celles de Silvia.
Loubna. Une enfant étrange et docile. Une enfant que je ne comprends pas toujours. Sans arrêt enfermée dans sa chambre, qui pour elle, équivaut à un monde parfaitement en opposition avec celui dans lequel on vit. La tapisserie de sa planète est dans les tons de parme. Jusque là, rien d'anormal pour une petite fille de sept ans. Mais des tableaux se chevauchent sur toute la largeur du mûr. Ses tableaux. Son travail. Ses maux. Ils sont différents, ils reflètent une émotions bien distincte, mais ils ont tous une particularité : La couleur. Ou plutôt, l'absence de couleurs, la négligence de vie. Le portrait de Silvia revient souvent, grossièrement dessiné, mais reconnaissable. C'est le seul visage que ses minuscules doigts parviennent à exécuter. Mais ses traits sont toujours durs, ses yeux automatiquement tristes et sa bouche ne sourit pas... Ma fille est différente des autres. Elle ne dessine pas de belles maisons colorées tamisées d'un ciel bleu azur et d'un soleil qui tire la langue. Non, ma fille peint du noir. Elle reproduit de manière sinistre le visage de sa mère, morte. Ma fille, elle ne réclame jamais qu'on lui lise des histoires, elle les invente, les raconte, les alimente de gestes. Elle les vie. Elle n'écrit jamais sur son cahier de texte ou d'exercices. Non ! Elle préfère les mûrs pâles de sa chambre où quelques phrases tout droit sortie de son esprit sont inscrites avec la plus haute application. Loubna, peint sa faiblesse, raconte son rêve et écrit sa fragilité de ses mains peu familiarisées avec son stylo noir. Ma fille, elle m'intrigue. Elle me fascine..


C'est en débutant ma consommation d'alcool matinale, vitale à mon corps et à mon esprit, que j'entends la voix enfantine et fluette de Loubna traverser sa chambre pour parvenir jusqu'à mes oreilles.

« Quand les fourmis s'accouplent tu sais, elles enfantent. Oui, même les fourmis enfantent. Et les questions... Les questions me torturent ! Maman, parle Maman. S'il te plaît, parle, j'ai dit ! Réponds à mes questions. Si tu ne le fais pas, je serais forcée de trouver toute seule les réponses. Tu les veux ? Mes réponses maman, tu veux les connaître ? Bon très bien, si tu insistes... Alors, il était une fois une très jolie Mademoiselle, et un très beau Monsieur qui ignoraient tout l'un de l'autre. Monsieur Cupidon s'était chargé tout seul de les unir. Ils étaient heureux dans leur monde où régnait le rose, le violet, le bleu. Un monde d'arc en ciel. Et puis un jour, Madame la cigogne, une très coquine Mademoiselle leur a apporté Loubna. Alors c'est Monsieur compliqué qui est arrivé dans notre maison. Oui c'était compliqué entre la jolie Mademoiselle et le beau Monsieur. Le beau Monsieur aimait la jolie Mademoiselle mais il lui a fait beaucoup de mal. Enormément de mal. Et tu sais Maman ce que c'est que le mal ? C'est tellement douloureux que des fois, c'est Madame la mort qui arrive en renfort. Et... C'est la jolie Mademoiselle qu'elle a emporté en laissant Loubna seule. Oui, Loubinette toute seule ! Et... »

D'un coup de pied féroce, je pousse hargneusement la porte, mettant fin à cette histoire tragique dont j'en suis l'un des principaux protagonistes. J'incarne à moi tout seul le beau Monsieur qui fait du mal à la jolie « Mademoiselle » et qui la pousse dans les bras macabre de la mort. Alors, c'est comme ça que Loubna avait interprété notre histoire. Une histoire à l'amour destructeur, à la fin obscure mais racontée avec un entrain contradictoire, étant donné l'ampleur du drame.

Je soupire un grand coup en logeant ma tête entre mes mains, puis laisse enfin libre arbitre à mes bouteilles, assassins des souvenirs qui déchiquètent mon bonheur. Et je bois, j'ingurgite, j'absorbe jusqu'à perdre la totalité de ma clairvoyance. Je me noie dans cette mer de vin rouge, dans cet océan de whisky qui pompent mes pensées, ma réflexion et mes fourmis, -synonyme de questions- comme dirait Loubinette...


© Eva N.


_______________

Bonjour, Bonsoir ou Bonne nuit ! (Tout dépend de l'heure à laquelle vous passez !)
Alors je viens vous informer que je suis inscrite sur l'annuaire d'Amandine ( > Touteunehistoire) pour ceux qui en ont envie, vous pouvez me noter et pour les autres, vous pouvez le visiter, il est génial ! (vous pouvez aussi faire les deux ! lol)
J'en profite pour vous donner l'adresse de sa fiction ( > I-ceremonia) parce que si vraiment vous ne l'avez pas lu, il faut prendre le temps de le faire. C'est juste un conseil. Cette histoire reste vraiment l'une de mes préférées, pour ne pas dire ma préférée ! Alors, filez, courrez, savourez, dégustez ! :)
Sinon, à part ça, je n'aime pas mon chapitre 1 ! Je l'aimais bien au début mais maintenant je l'aime plus ! Mais bon de toute manière, c'est pas moi la lectrice alors je vous laisse commenter.
Sinon, cheres amies (ça s'adresse juste à celles que j'aime bien ça !) Bonne lecture et bon week end ! :)

Eva.

# Posté le dimanche 27 septembre 2009 13:38

Modifié le vendredi 02 octobre 2009 16:24

. . . Chapitre 2 : " Tuez mes larmes. Assassinez ma douleur. Brûlez mon coeur. Ranimez la flamme." . Point de vu : Loubna. . .

. . . Chapitre 2 : " Tuez mes larmes. Assassinez ma douleur. Brûlez mon coeur. Ranimez la flamme." . Point de vu : Loubna. . .
10 Décembre 2008.


Je traîne les pieds. Mon sac à dos est infiniment lourd pour un poids aussi léger que le mien. Sur mon front, ruisselle une sorte de sueur glaciale. J'ai chaud. J'étouffe. Je suffoque. Mais la fraîcheur extérieure refroidit même ma transpiration. Alors mes pensées divaguent, mes fourmis surgissent, mes rêves s'accouplent. J'aime rêver. C'est gratuit et sauveur d'âme. C'est mon échappatoire. Je pense souvent à ce qu'aurait été ma vie si maman avait survécu, si cette voiture ne l'avait pas percutée. Je ne serais sûrement pas en train de longer ce chemin désert et sombre à une heure aussi tardive. La peur ne saisirait pas cruellement mes tripes et ma colonne vertébrale ne se tasserait pas sous le poids conséquent de mon sac. Soudain, je trébuche maladroitement sur un obstacle et m'affale disgracieusement sur le sol. La totalité de mon corps s'amortie sur mes poignets maigres et chétifs.

- Aïe... gémie-je en plissant les yeux.

Je souffle longuement, puis je me relève difficilement en observant mes mains dont le bout de chacun de mes doigts est bouffé par le froid. Ils sont si douloureux...
C'est alors qu'un grand bonhomme à l'allure rebelle me barre la route. Il ne m'inspire aucune confiance. Il attise ma méfiance. Je scrute attentivement mes petits pieds dans l'espoir de fuir son regard et je remarque alors que mes chaussures sont trouées. Il pose une main sur mon épaule. Mon c½ur tape si fort dans ma poitrine que je l'entends remonter jusqu'à mes tempes. Je cherche farouchement une quelconque aide au milieu de ce champ de vision austère et froid, mais mes yeux restent figés sur ce grand personnage volumineux.

- Laisse moi passer, mon papa m'attend !
- Hé moustique, tu as fait tomber un cahier en marchant
. Répond-t-il en me le tendant aimablement. Faut faire attention à ses affaires !

Je lui souris en ôtant de ses mains le cahier puis je le range péniblement dans mon sac.

- Merci.
- Hé attends... Mais qu'est-ce que tu fais dans les rues à une heure pareille ?
Me demande-t-il en fronçant les sourcils. Quel âge as-tu ?
- J'ai l'âge de jouer aux poupées Barbie ! Lui réponds-je sèchement.

J'accélère le pas en lançant un dernier regard à cet étranger qui me fascine autant qu'il me terrifie. Il n'a pas l'air méchant, mais comment savoir si ses intentions sont réellement bonnes et honnêtes ? De toute manière, je ne suis qu'une enfant et à part me liquider de la petite misère que je traîne derrière ma dégaine souillée, je ne vois pas ce qu'il pourrait espérer de moi.

- Hé moustique ! Répète-t-il une nouvelle fois. Ton sac, il n'est pas un peu lourd ?
- Non.


Je m'arrête. Je pose mon sac à terre et inspecte curieusement mon inconnu, l'index consciencieusement posé sur ma bouche.

- Pourquoi tu veux m'aider ? Interroge-je en croisant les bras, d'une voix ferme.
- Parce que pour tout te dire, c'est la première fois que je vois une fillette comme toi traîner seule dans ce quartier mal famé et à une heure aussi peu appropriée et avec un sac plus gros qu'elle.

D'un coup, mon c½ur bat si vite, si fort. Je rêve où ce jeune garçon dont l'âge reste l'une de mes questions à éclaircir se soucie de mon confort ? S'intéresse à ma situation peu commune ? Compatit à ma souffrance démesurée ? Alors, finalement, je ne suis pas si invisible que ça. Je n'aime pas susciter la pitié, mais c'est toujours mieux que l'indifférence totale, voir même irrespectueuse.

- Moi c'est Loubna, mais tu peux m'appeler Loubinette si tu veux. Déclare-je en lui adressant un sourire réservé. J'ai sept ans et je veux bien que tu m'aides finalement... J'ajoute timidement.
- Je préfère moustique comme surnom ! S'exclame-t-il en exécutant un clin d'½il. Allez donne moi ça ! Assure-t-il d'une voix confiante en enfilant avec une facilité déconcertante la lanière de mon sac sur son épaules viril.

Il est mystérieux ce jeune homme mais une petite voix en moi ne cesse de répéter sur un ton enjoué et impatient qu'elle veut en savoir plus sur lui. Il a effectivement l'apparence d'un Bad boy, prétentieux et fier, mais il s'intéresse à moi. Intéresser est peut-être un grand mot, c'est vrai, mais combien de fois m'a-t-on proposé de porter mon sac ? Combien de fois m'a-t-on interpellé dans la rue parce qu'on remarque quelque chose d'anormal, d'étrange, de morne ? C'est sans doute dérisoire pour lui, mais pour moi ce geste représente la preuve inéluctable que j'existe, que je suis visible, et que je mérite qu'on se préoccupe de moi, comme les autres enfants ont le droit d'obtenir l'attention de leurs parents. Et puis, il m'a fait rire, ce grand bonhomme à la carrure imposante, aux traits durs, à la voix rauque.
Finalement, Maman n'est pas la seule à savoir décrocher des sourires sur mes lèvres glaciales...

Arrivés devant la maison, il me rend mon sac en soupirant. Il pose ses deux mains sur mes épaules fluettes puis les frictionne avec une certaine douceur plaisante et confortable. Je le regarde alors en souriant timidement puis me défais de son emprise.

- Tu m'as pas dit comment tu t'appelais, dis !
- Nikaël.


Nikaël. Le prénom de papi, le papa de Maman. Un personnage que je n'ai pas proprement connu, mais dont je connais le moindre de détail de sa vie passionnante. Simple coïncidence ou signe flagrant d'une future probabilité de complicité ? Je ne suis qu'une petite fille en proie à de l'affection, de l'attention, de l'amour, et lui est Nikaël. Coïncidence est un mot qui a été inventé pour faire joli dans le dictionnaire, pour permettre aux gens de se mentir intérieurement, mais c'est purement imaginatif ! J'en déduis donc que c'est un signe ! Je veux que ce soit un signe !

- Hé le moustique ! Braille-t-il alors que je m'apprête à pénétrer dans ma maison, qui égalerait presque l'enfer. Demain, à la même heure, au même endroit ?

J'acquiesce en souriant sans réserve cette fois puis je tourne définitivement les talons. Demain, à la même heure, au même endroit... Un signe !

Un signe...


Je m'affale dans mon lit en esquissant un sourire expressif. Des milliers de pensées s'accumulent dans mon esprit, s'entassent, s'éparpillent, se bousculent les unes, les autres. Des pensées concernant Nikaël. Je suis parfaitement consciente que je ne devrais pas y croire. Que les probabilités pour qu'il revienne, pour qu'il tienne sa parole sont minces, voir même inexistantes. Que ce jeune garçon était simplement sous l'emprise de son quart d'heure de bonté. Mais, aussi improbable que cela puisse paraître, j'y crois. Oui, j'y crois. J'ai sept ans, et à sept ans, on a encore le droit d'être naïf. On a même le devoir de fleurire notre vie de rêve et d'espoir. Alors j'y crois. Parce que j'ai sept ans. Parce qu'il s'appelle Nikaël. Parce que c'est maman qui l'a glissé sur mon chemin.

Une feuille de papier traîne sur mon bureau. Elle m'appelle. Elle excite mon imagination et déchaîne mes doigts impatients de laisser mon c½ur se libérer. Je saisis le crayon noir qui stationne à côté de cette feuille pâle, vierge, insignifiante. Puis, d'un coup presque magique de crayon, je déchire ce triste effet de pureté. Comment décrire par de simples mots l'ampleur du bien-être qui m'envahit lorsque je dessine ? Je me colle une identité. J'hurle la souffrance qui me ronge. Je crache ma rage. Je libère mes démons. J'écoute Loubna, cette petite fille meurtrie que j'ignore. Que je n'entends pas. Que personne n'entend.

C'est spécial. Mes peintures étranges, mes traits austères, mes lignes imparfaites, mes gribouillons indécodables reflètent simplement une partie obscure et voilée de mon être. La partie enfouie derrière mon armure en béton, sous ma carapace en acier. Et, pourquoi ? Oui, pourquoi, lorsque Maman me murmure des paroles lointaines, la carapace se craquelle, les larmes déferlent, les mots déboulent ? Et, pourquoi quand la solitude me glace et me durcie, je ne trouve pas d'autre langage que mon crayon ? Je déploie ma haine comme je peux ! Certains la hurleraient, moi je la dessine.

Soudain, une voix rauque me tire brusquement de la fusion qui nous unie, moi et ma feuille. Je laisse alors tomber le crayon à terre, comme si j'étais coupable d'un crime. Comme si je commettais un acte abominable. Je lève la tête en direction du visage impitoyable de mon père puis j'esquisse un sourire avant de baisser les yeux, de sorte à le fuir, comme toujours.

- Loubna, ça va ? Me demande-t-il en fronçant les sourcils.
- Oui, ça va.
- L'école, c'était bien ?
- Oui, l'école c'était bien.
- Tu as bien mangé à la cantine ?
- Oui, j'ai bien mangé à la cantine.


Il lève les yeux en direction du plafond puis quitte la pièce en maugréant dans sa barbe quelques fragments de mots incompréhensibles.

Je ne reprends pas mon activité, à présent dépendante de ma feuille. Je m'allonge dans mon lit, puis je me glisse finalement sous la couverture molletonneuse. J'éteints la lumière et plonge ainsi la pièce dans une totale pénombre dans laquelle mes yeux se perdent. Je n'ai pas mangé, comme toujours. Je n'ai pas parlé, comme toujours. Je n'ai pas fait mes devoirs, comme toujours.

- Maman ?
- Oui, mon petit ange. Je suis là.


Elle est là !

- Maman, j'ai rencontré Nikaël aujourd'hui, tu sais... souffle-je en fermant les yeux. Maman, parle moi... Parle moi de ton petit paradis !
- Mon paradis Loubinette, c'est quand je suis avec toi...

Mon paradis maman, c'est quand tu es avec moi...


© Eva N.


_______________

Salut !
Aujourd'hui je sais pas quoi dire, alors bonne lecture ! :)
Bisous.
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# Posté le dimanche 11 octobre 2009 15:35

Modifié le dimanche 11 octobre 2009 15:48